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CE MOMENT OU QUELQUE CHOSE EN VOUS REFUSE...

  • Photo du rédacteur: Emilie Perrollaz
    Emilie Perrollaz
  • 14 mai
  • 4 min de lecture



UN SON, UN CRI, UNE RÉVOLTE INTÉRIEURE?


Il y a ce moment étrange. Pas spectaculaire. Pas théâtral. Plutôt insidieux, pourrait-on dire.

Ce moment où rien ne s’effondre vraiment…mais où plus rien ne tient comme avant.

On continue à travailler. À aimer. À répondre aux messages. À faire les courses.

Et pourtant…


Quelque chose résiste doucement à l’intérieur.

Ce n’est pas une crise. Pas encore.

C’est une inconfortable lucidité.


On commence à voir :

  • ce que l’on tolère depuis trop longtemps

  • ce que l’on fait par habitude

  • ce que l’on a construit… mais qui ne nous ressemble plus tout à fait

Et surtout: on ne peut plus faire semblant de ne pas le voir. Alors on ajuste. Un peu.

On ralentit légèrement. On change deux ou trois choses. On se dit que ça va passer.


C’est la phase d’accommodation.

Celle où l’on tente encore de faire rentrer la vie dans le cadre existant.

Mais il y a un problème.

La vie… a déjà commencé à déborder.

Et plus on essaie de contenir,plus ça insiste.

Par petites touches :

  • une fatigue qui ne part pas

  • une irritation inhabituelle

  • une question qui revient le soir

  • un “ce n’est plus ça” difficile à formuler

Ce moment-là est précieux.

Parce qu’il ne demande pas encore de tout changer.


Si tu veux en savoir plus:


Mais il demande une chose essentielle : ne pas se mentir.

La crise de milieu de vie ne commence pas quand tout explose.

Elle commence quand quelque chose, très doucement,refuse de continuer comme avant.

Et si, pour une fois,on écoutait ce refus…plutôt que de le faire taire ?


Je l’avais préparée, cette crise. Voilà plus d’un an que je travaillais autour d’elle.

Et pourtant…

Même préparée, j’ai failli me laisser submerger. Engloutir.

Heureusement, un être préparé en vaut deux.


Alors lorsque les événements se sont précipités, lorsque la vague s’est dressée,

j’ai pu reconnaître le danger. Me ressaisir.


Puis, contre toute attente… ralentir. Ne plus lutter. Mais me tenir là, présente, prête à accueillir les secousses.


Et ce qui est sans doute le plus soutenant dans ces moments-là (oui, je sais, c'est pas très sexy), c'est la structure et la discipline. Pas la discipline rigide. Pas celle qui contraint. Mais celle qui tient.


Parce que lorsque tout vacille à l’intérieur,il faut bien quelque chose qui ne vacille pas à l’extérieur.


LA DISCIPLINE COMME POINT D'APPUI


Réduire le champ - Redéfinir le centre de gravité

Quand tout s’accélère,le risque n’est pas de s’effondrer. C’est de se disperser.

Alors plutôt que de réduire…il s’agit de recentrer.


Qu’est-ce qui mérite vraiment mon énergie en ce moment ?


Pas en fonction de l’urgence. Mais en fonction de la justesse. Ce n’est pas une question d’agenda. C’est une question d’orientation.


S’appuyer sur des repères fixes

Quand l’intérieur devient fluctuant, ce n’est pas tant de rigidité dont nous avons besoin… mais de fiabilité.


Quelques repères qui ne dépendent pas de notre humeur, mais de rituels simples :

  • une manière de commencer la journée

  • une manière de la clôturer

  • des espaces protégés

Non pas pour contrôler. Mais pour réduire les négociations intérieures peut-être... pour créer une continuité là où tout devient mouvant.


Clarifier ses engagements (et les honorer)

Ce qui épuise à ce stade,ce n’est pas le volume. C’est le flou.

Trop de possibles. Trop d’ouvertures. Trop de “je pourrais”.

Alors nous pouvons choisir:

  • À quoi je dis oui ?

  • À quoi je dis non ?

  • Et surtout : pourquoi ?


Il y a des phrases qui tiennent lieu de repères. Celle-ci en fait partie. Je la garde près de moi. Je m’y reviens, souvent. Comme à une évidence qu’il faut réentendre :

« On peut supporter presque tous les “comment”… quand on a un “pourquoi”. »


Parce qu’au fond, ce n’est pas l’intensité de ce que l’on traverse qui nous fait vaciller. C’est l’absence de direction. Un “pourquoi” n’allège pas forcément la charge. Mais il la rend supportable. Il donne une orientation à l’effort.Une cohérence à l’inconfort.


Faire moins… mais aller jusqu’au bout

Ce n’est pas la quantité qui fatigue. C’est l’inachevé. Les choses ouvertes. Les décisions en suspens. Les micro-tensions non résolues.

Alors on inverse : moins de dispersion, plus de complétude... Aller au bout. Même de petites choses. C’est cela qui redonne de la densité.




Développer une observation plus fine de soi

À ce niveau, il ne s’agit plus seulement de “remarquer”. Mais de discerner.


Est-ce que ce que je ressens vient de la situation… ou de mon paysage intérieur ? 


Pensée ? Émotion ? Projection ?

Cette distinction change tout. Parce qu’elle redonne de la liberté.



Remettre le corps dans l’équation - Ne pas surinvestir le mental

Quand ça tangue, le réflexe est souvent d’analyser davantage.

Comprendre. Anticiper. Maîtriser.

Mais l’esprit a ses limites. Et parfois… il entretient ce qu’il cherche à résoudre (rumination, boucles, scénarios). Bref, nous connaissons cela sur le bout des doigts, n'est-ce pas.

Alors nous sommes inviter à rééquilibrer:

  • revenir au corps

  • revenir à l’action

  • revenir au réel

Pas pour fuir. Mais pour ne pas rester enfermé dans la tête.



Se poser la seule vraie question: éviter ou s’engager ?

C’est peut-être la question la plus structurante.


Ce que je fais là… m’éloigne-t-il de ce qui me dérange ? Ou m’approche-t-il de ce qui compte ?


C’est toute la différence entre :

  • éviter l’inconfort

  • ou s’engager dans une direction


Et c’est là que la discipline prend son sens. Non pas comme une contrainte. Mais comme une orientation volontaire de l’énergie. Vers quelque chose qui a du poids.


La discipline, à ce stade, n’est plus un filet de sécurité. C’est un axe. Elle ne sert pas à survivre.

Elle sert à ne pas se perdre. À maintenir une ligne,alors même que les repères internes se déplacent. Et peut-être que la vraie maturité n’est pas de ne plus vaciller.


Faire juste assez pour rester en lien avec soi. Et parfois… c’est déjà immense.


Tout cela semble peut-être conceptuel, mais cette discipline que j'ai fait mienne, ce 1er trimestre 2026, est sans doute ce qui m'a permis de rester debout dans la tempête...

 
 
 

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