"THE GREAT ESCAPE"...


ZERNEZ – S CHANF – ZUOZ

15,3 km – 484 m de dénivelé positif – 282m de dénivelé négatif


Le 10.06.2021


ZERNEZ – S-CHANF

Cette étape me permet de transiter de la Basse-Engadine vers la Haute-Engadine, chevauchant par endroit la jeune Inn. La montée se fait tout en douceur sur un versant ensoleillé face au massif de la Bernina, à travers un camaïeu de couleurs printanières, vers Brail. Je regarde au loin, passé le train rouge, si typique de la carte postale helvétique.

A la bifurcation après Cinous-Chel, je suis scrupuleusement les panneaux à travers le Val Susauna… jusqu’à ce qu’il disparaisse. Je peux par chance demander mon chemin à un couple de promeneurs qui me remette sur la bonne voie. Nouveau détour, involontaire cette fois d’une heure environ. Décidément, je n’arriverais pas à «tenir les horaires » … J’arrive finalement à S-Chanf, porte d’entrée du parc national, en parcourant une forêt de pins et de mélèzes.

Logeant à Zuoz, une station plus loin (hors de la Via San Giachen), je monte dans la Ferrovia del Bernina, Chemin de fer rhétiques (RhB), ligne ferroviaire à voie métrique.


Je parcoure Zuoz avec ravissement. Cette charmante station de ski enchante les voyageurs par son atmosphère de village roman intact et authentique. De nombreuses maisons patriciennes sont ornées de sgraffito, motifs ou dessins grattés dans un enduit blanc.


Ce soir, je dors dans la Gasthaus Convict, une confortable auberge de jeunesse, qui m’offre l’espace nécessaire pour faire une séance de Yin Yoga.

Alléluia, mes muscles appellent et réclament à se tendre pour mieux se détendre…


LE POUVOIR DU MENTAL

Comme je l’ai dit expliqué hier, le vécu de «l’épreuve» n’est pas en relation directe avec l’intensité de l’épreuve mais bien avec la représentation qu’on en a.

Ainsi, hier l’étape m’a été pénible alors qu’elle ne présentait pas de difficulté évidente…


Bref, vous voyez où je veux en venir…

A la nécessaire préparation mentale pour aborder la vie et ses obstacles.


Et pour mettre en lumière mon propos, je vais me référer à la vision orientale du corps, décrite dans les védas…


Ainsi, dans la tradition du yoga, le corps physique est représenté par une calèche qui roule sur un chemin (chemin de vie, bien sûr… vous aviez devinez, n’est-ce pas !).

Ce chemin de terre a des ornières (qui sont nos schémas existants), des bosses, des trous (les difficultés).

De part et d’autre du chemin, il y a des fossés, qui sont les règles, les limites…

Les chevaux représentent nos émotions… d’où l’idée d’avoir débourré ses chevaux pour ne pas avoir des étalons fous aux rênes.

Le cocher, c’est notre mental, notre conscient, notre raison.

Et vous l’aurez compris, le passager, c’est notre inconscient… pour ne pas dire notre âme.


Ainsi, hier, j’avais fort mal préparer mon cocher. Il tenait mal ses chevaux, qui peut-être paressaient, broutaient en chemin… Croyant que la route serait dégagée, peut-être lui-même avait commis la veille, péché de luxure ou que sais-je encore…


Résultat, la carriole se laissait ballottée au gré des vents et de la désinvolture des canassons…


Plus le cocher est préparé, plus il saura donner la direction et l’impulsion nécessaire.

Quand au passager, c’est lui qui donne la trame de fond du parcours, qui prend les grandes décisions, les bonnes comme les mauvaises, selon ce qu’il est amené à expérimenter dans ce destin qui lui est donné…


Plus concrètement, nous pouvons déjouer les égarements du mental, en l’entrainant aussi bien que possible.

Les clés de cette préparation sont la discipline et la régularité.

Nous pouvons également avoir recours à l’autosuggestion, que l’on également qualifier d’auto-hypnose, sankalpa, mantra personnel, comme bon vous semble…


Bref, vous (et moi de même) savez ce que vous avez à faire…


C’est la raison pour laquelle, dès les paupières entrouvertes, j’ai pris la décision de déjouer ou d’écarter la grisâtre de mes pensées d’hier. Pour ne pas subir le chemin du jour, mais au contraire me réjouir de cette liberté que je m’octroie…


LE PROCESSUS CNV (Communication Non Violente)

J’ai également pris soin d’observer mes rosses (chevaux = émotions)…

Eh oui, ce matin, j’ai senti un mélange de colère et de tristesse !

Pourquoi cette tristesse?

Car je n’ai pas eu de nouvelle de certains de mes proches et cela m’affecte…

Car j’ai le sentiment qu’ils m’ont oubliée, ou peut-être de ne pas exister à leur yeux.


Cette démarche de questionnement interne, peut s’apparenter à un processus CNV (Communication Non Violente).

A savoir :

-quels sont les faits, objectivement ?

-quelles sont les émotions ressentis ?

-quel est mon besoin non nourri ?

-comment je formule une demande, s’il y a en a une… en se rappelant que le « TU TUE ».


Ainsi, en termes de formulation, cela donnerait… « lorsqu’il se passe ceci, je ressens cela car j’ai besoin de … De ce fait, peux-tu … ou … ? »


En l’occurrence, dans cette situation, il n’y a pas de demande.

Mais j’observe mes émotions primaires, leurs colorations… mon besoin non nourri. Et si je n’ai pas de demande, je me donne de la compassion et j’en donne l’Autre, car s’il a agi ainsi, c’est qu’il n’avait pas les moyens ou ressources de faire autrement.


Et après tout ce processus d'introspection, savez-vous ce qu’il s’est passé dans la matinée?

J’ai reçu un message de mon amie (synchronicité) et j’ai décidé d’appeler… mon Père, pour prendre de ses nouvelles. Je lui ai finalement dévoilé mon inquiétude. Et lui de répondre « ce n’est pas parce que je ne donne pas de nouvelles que je ne pense pas à toi. Bien sûr que je me soucie ! ».


Bref, mieux vaut ne pas être trop interprétatif et confronter nos pensées à une réalité partagée!


DE LA SOLITUDE A L’ISOLEMENT… OU PAS!

Je crois que ce « coup de Calgon » à J5 était sans doute lié à un vécu de solitude.


Loin de mes proches, je me sens seule. Et cette solitude choisie, devient soudainement subie car je prends conscience que j'ai besoin de me sentir reliée. Reliée à ceux que j’aime. Reliée à mes semblables !


Même Sarah Marquis, lorsqu'elle traverse seule le désert australien, a toute une équipe derrière elle. Alors oui, elle est SEULE sur le terrain, mais dans les faits, elle est EN LIEN!



Ainsi, si ce besoin d’appartenance n’est pas nourri, on bascule dans l’isolement. L’isolement abject, noir… un isolement qui conduit à l’exclusion et parfois à la stigmatisation.


C’est ce que sont amenés à vivre certains patients souffrant de troubles psychiques.

Lorsque la réalité ne peut être partagée, lorsque l’on s’éloigne de l’Autre car il ne peut comprendre ce que nous vivons!

A tout bientôt pour la suite de cette aventure...

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