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LES CONSTELLATIONS FAMILIALES, QUESAQUO?


Je me suis depuis toujours intéressée à l'aspect transgénérationnel, percevant, à travers les non-dits au sein de mon système familial, que j'étais porteuse de quelque chose de plus grand que moi... S'agissait-il d'un poids, d'une blessure, que mes ascendants m'avaient transmis?

S'agissait-il d'un legs génétique?

Enfant, je n'aurais su le dire, mais je sentais qu'il y avait matière à creuser dans cette direction-là!


PRINCIPES FONDAMENTAUX


Les constellations familiales (CF) proposent d’explorer la systémique familiale dans son aspect transgénérationnel. Elles donnent l’occasion au constellant de revisiter ses croyances, ses comportements, ses difficultés dans le présent, en questionnant les symptômes présents (physiques, psychiques, relationnels...) au regard de son histoire familiale.


« Ce que l’on ne met pas en mots, s’imprime – et s’exprime par des maux. » Anne Ancelin Schützenberger.


Selon Anne Ancelin Schützenberger, qui a longuement explorer la psychogénéalogie, "L'être humain naît dans une famille qui lui transmet un héritage conscient et inconscient comprenant des missions, des loyautés visibles ou invisibles, claniques, culturelles, religieuses, nationales. Tout individu est imprégné, qu’il le veuille ou non, qu’il le sache ou non, de ces liens et habitus de loyautés familiales, des traumas et traumatismes, des deuils non-faits de sa famille… Une empreinte se crée ainsi, de façon très précoce. Elle restera en mémoire, notamment corporelle.


Le but d'une CF est de mettre en lumière l'intrication du constellant avec un autre membre du système familial d'une génération antérieure, la regarder avec courage et lui donner l'espace nécessaire pour qu'elle puisse choisir le nouveau pas à faire."


Je me propose ici de vous donner un éclairage sur ce que les constellations familiales nous laissent à voir de la systémique familiale et de sa manifestation dans notre vie. Ce que cette systémique implique dans notre manière de nous saisir du monde qui nous entoure... La plupart des textes sont inspirés de l'ouvrage "Pour que l'amour réussisse" de Bert Hellinger ou du "Manuel des Constallations Familiales" de Bertold Ulsamer.


LES LOIS QUI GOUVERNENT LE SYSTÈME FAMILIAL


Tout système est constamment en recherche d'équilibre, d'homéostasie. Dans l'inconscient collectif (cf Jung), l'équilibre du système prévaut sur le bien-être individuel. Tout système s'inscrit dans un système plus grand et des systèmes plus petits en font également partie.


Ainsi, le système familial peut devenir limitant dans l’accomplissement de nos buts, dans nos relations... Les constellations nous invitent donc à interroger les schémas que nous avons intégré, consciemment ou non.


Ce système est régi par la loi d’appartenance, d’ordre (place dans la fratrie) et d’équilibre entre le donner et le recevoir.


Au cours de la séance, nous sommes amenés à élaborer le génogramme (l’arbre généalogique), définir un objectif et « consteller », c’est-à-dire mettre en lumière les nœuds ou intrications, les regarder avec courage et donner l’espace nécessaire pour que le patient puisse choisir le prochain pas à faire. Les constellations peuvent être individuelles ou de groupe.

L'appartenance


Comme certains le savent peut-être, j'aime les métaphores, les images car une image est souvent plus parlante qu'un long discours.


Alors disons qu'une famille est un champs d'énergie ("Les CF, les intégrer dans sa vie quotidienne" de Joy Manné), que l'on peut comparer à un filet. Lorsque le filet est endommagé, la zone qui entoure la "lésion" est affaiblie. La structure du filet correspond aux valeurs transpersonnelles, transmises d'une génération à la suivante. Toute forme de torts impose tôt ou tard punition et réparation. Les générations futures finissent par payer pour les méfaits de leurs ancêtres.


Ainsi, naitre dans une famille donne le droit de lui appartenir et cela ne peut être enlevé à quiconque, sans que le champ s'en trouve altéré. Lorsque ce droit n'est pas respecté, que certains membres sont exclus ou niés, les individus de la ou des générations suivantes sont "intriqués" dans la problématique de leur aïeul et répètent alors les comportements responsables de la perte de l'appartenance.


L'équilibre entre le donner et le recevoir


Une relation exige un équilibre entre le fait de donner et celui de recevoir, l'harmonie est ainsi atteinte. La gratitude est une bonne manière de maintenir un équilibre entre le donner et le recevoir.


Les parents font aux enfants le don le plus précieux: la Vie. Le don entre parents et enfants ne peut jamais être équitable. Les parents donnent toujours plus qu'ils ne reçoivent. Les enfants, en devenant parents à leur tour, transmettent les dons qu'ils sont reçus de leurs parents. Un enfant ne peut pas rendre la vie à ses parents, alors il donne plus loin (à la vie elle-même ou à la communauté). L'amour se répand des parents aux enfants puis jusqu'aux enfants des enfants.


L’ordre de l’amour


Dans chaque famille, il y a une connaissance de l’ordre approprié. Ces principes sont les suivants :


-Chaque membre de la famille fait partie à titre égal et doit être respecté de la même façon, quels que soient ses qualités ou son destin.


-Celui qui est arrivé le premier occupe la première place. Ceux qui arrivent après lui, le suivent dans la hiérarchie. Chacun a droit au respect.


-Chaque membre de la famille doit porter son propre destin, quels qu'en soient la gravité et le poids.


Chacun est personnellement responsable de ses actes et cette responsabilité fait partie de son destin.


L’ordre hiérarchique accorde la préséance aux membres de la famille arrivés en premiers (sous-tendue par l'âme familiale). Parfois, il se peut que certains descendants se sacrifient pour rétablir l'équilibre.


Si un membre porte atteinte à cet ordre et que d'autres semblent oublier les faits, ce savoir n'en disparaît pas pour autant. Il subsiste dans la famille un grand besoin de rétablir l'ordre approprié, de manière à rééquilibrer la situation.

Le déséquilibre est alors compensé par un membre de la famille d'une génération ultérieure.

Les enfants s'imprègnent de ces énergies familiales en éprouvant les sentiments et en adoptant les comportements de leurs ancêtres.


LE BONHEUR


Le bonheur est serein, s’il englobe nos parents, que ceux-ci sont vivants en nous et que nous les acceptons tels qu’ils sont.


Parfois, certains d'entre nous ressentent un état de séparation, à l'intérieur de soi ou avec les autres membres de la famille, nos parents notamment... Séparation car trop blessé, trop déçu! Cette état de séparation peut nous conduire à rejeter nos parents ou notre famille. Ou susciter des envies de règlements de compte (faire payer à l'autre, le mal que l'on a subi) ou de punition (punir l'autre ou se punir soi...). Ce rejet se traduit parfois par une aversion envers la famille dont on est issu. Mais ce rejet nous rend bien souvent très malheureux, car nous, Humains, sommes des êtres de liens.


La dépression peut être un sentiment de vide, plutôt que de tristesse (par manque d’un parent). Il peut y avoir retour à l’équilibre lorsque nous intégrons nos deux parents, ainsi que toutes les personnes faisant parti du système familial (y compris les exclus).


Les parents portent les fardeaux et assument leurs responsabilités : celui qui est « grand », soit le parent, doit assumer la responsabilité de sa propre vie. Les parents se chargent des fardeaux à porter. Ainsi, les enfants peuvent être libérés et peuvent être « petits ». Les fardeaux sont ceux que les parents ont repris de leurs propres parents et de leurs ancêtres, puis s’ajoutent leur propre destin et les actes dont ils se sont rendus coupables.


Un enfant portant la charge pour son parent peut être désigné comme "parentifié".


AMOUR ET MORT


La plénitude s'instaure au moment où tous ceux qui font partie de la famille, tous les ancêtres, ont une place de choix dans notre cœur. Si bien que nous les voyons comme ils sont vraiment. Dès qu'ils ont une place, nous devenons libre.


Nous évoluons parmi les morts


Dans le placement familial, il devient évident que nous sommes insérés dans un ensemble plus vaste. Les soi-disant méchants, les suicidés, ceux qui ont connu un destin difficile ou ceux qui sont morts prématurément, agissent dans le présent, à l'égal des vivants. Nous évoluons pour ainsi dire, parmi les morts qui nous entourent.


Les exclus et les morts sont réintégrés dans le système pour qu'ils "ressuscitent" en quelque sorte de leur "mauvaise mort" et pour qu'ils exercent ensuite une influence bienveillante sur les vivants. Une fois que l'honneur a été rendu aux morts, ils peuvent se retirer avec bienveillance et laisser aux vivants leur liberté.


En revanche, les morts qui ont été exclus du système, exerce une influence néfaste sur lui. Cela n'est pas dû à une volonté délibérée de leur part, comme s'il s'agissait de mauvais esprits, mais parce que les vivants ne leur accordent aucune place, parce que les vivants ne les respectent pas et ne leur portent aucun amour. Dans ce cas, il est fréquent qu'un enfant du système familial expie l'injustice qui est faite à ses morts.


L’ÂME


Le principe de l'âme est directeur et unificateur.

Chaque membre du système familial mort ou vivant, a le même droit d'appartenance.

Si ce droit d’appartenance est refusé à un membre, la conscience familiale cherche à rétablir l'ordre par compensation. Le rétablissement de l'équilibre se fait, si un lien se crée entre le descendant et l'ascendant exclus. Il le représente alors par compensation. Le droit d'appartenance est égal pour tous.


Âme et maladie


La séparation précoce de la mère ou les accidents graves ont un impact sur le corps et l'âme. L’action de l'âme et de l'amour sont souvent dissimulés et refoulés par le Moi. La psychosomatique est l’interaction entre l’âme et le corps et non entre corps et le Moi. L'âme est en connexion avec une dimension plus profonde. Elle unifie le corps à l'intérieur de ses limites (contenance). Elle unifie, maintient et dirige la famille de l'intérieur et dans certaines limites.

L'âme d'une famille englobe plusieurs générations et tous les membres sont reliés entre eux.


LA CONSCIENCE


La conscience est un sens intérieur. Elle nous permet de savoir comment se comporter pour appartenir à un groupe.


Un groupe familial est dirigé par une conscience commune, qui veille à ce qu’aucun membre ne soit oublié. En cas d’exclusion, un autre membre de la famille sera désigné par la conscience collective de la famille, pour représenter l’exclu.


LA CULPABILITÉ


Un comportement menaçant notre appartenance à notre famille d’origine génère une peur de l’exclusion.


La culpabilité est liée à :

-notre attachement primordiale à la famille.

-un déséquilibre donner / recevoir (la dette étant ressentie comme une obligation).


Il y a parfois une culpabilité inconsciente, lorsque qu’un enfant s’arroge le droit de porter la responsabilité qui appartient à l’un de ses parents (cette culpabilité est liée à la prétention). Alors l’enfant ressent le besoin de se punir lui-même par un échec ou en provoquant sa propre perte (et cette état de fait est la toile de fond de nombreuses maladies).


Le syndrome du survivant engendre culpabilité et loyauté d’avoir survécu.


TRAVAIL SUR LA FAMILLE D'ORIGINE


Celui qui rejette ses parents ne peut transmettre que peu

En rejetant ses parents, il reste prisonnier de lui-même et reste un enfant. Nous ne pouvons pas rétablir l'équilibre avec nos parents. Les parents donnent et l'enfant prend. L’enfant rétablit l'équilibre si, adulte, il transmet à ses propres enfants, ce qu'il a reçu de ses parents. Ou si, en tant qu'adulte il transmet ce qu'il a reçu d'une autre manière.


C'est alors que le thérapeute en CF invite le consultant à sentir et à entrer en contact avec l’amour qui se cache derrière le rejet. L'ampleur du rejet est proportionnel à l'amour déçu et ressenti par le consultant.


Plus les patients (ex-enfants) sont endurcis, plus ces émotions partagées et ce lien d'attachement défectueux sont douloureux. Parfois, il est "plus facile" d’être amer et plein de reproches, que de faire le chemin de déconstruction des sentiments limitants (par le travail sur soi et autour de ses blessures), sentiments qui nous éloignent de l'amour.


Quand quelqu’un ressent cet amour, il est capable de regarder dans les yeux celui avec qui il est lié. Il découvre et regarde l’Autre avec amour, un être qui vit sa vie et son propre destin.

Le respect croit alors pour l’Autre et ce qu’il porte. Pour les parents, s’y ajoutent les remerciements pour la vie générée par eux.


« Je te rends hommage à toi et à ton destin, et je te le laisse ».


Ce respect et cette reconnaissance du lien inéluctable, nous reliant à notre lignée, permet de dissoudre ce qui entretenait, la répétition aveugle du malheur. Cette distanciation, cette cessation de l’attachement aveugle permet de maintenir le lien à l'Autre tout en apaisant la blessure initiale.


Notre attitude envers la vie correspond à celle envers nos parents. Celui qui accepte avec gratitude ce qu’il a reçu de ses parents (bien ou mal) est en accord avec la vie.


Les exclus de la famille : Les exclus appartiennent à une génération antérieure. L’enfant qui ressent un lien particulier avec un exclu se place face à lui et lui dit : « Je te respecte, toi et ton destin ».


Le respect pour les parents : « Le premier des principes qui régissent l’ordre de l’amour entre parents et enfants veut que les parents donnent et les enfants reçoivent (donner et recevoir la vie). Ils donnent ce qu’ils sont, sans ajout ni soustraction. « Je te respecte, toi et ce que tu portes ». « Tu es la grande et moi, je suis la petite ». « Tu es ma mère et tu m’as donné la vie et je t’en remercie ». « J’accepte la vie avec tout ce que cela implique ».


Voici donc quelques exemples de "phrases solutions" qui permettent de nommer le lien avec l'un des membres de notre famille et de rendre à chacun sa responsabilité et par conséquent son destin.


La découverte de ces CF est un vaste champ d'expérimentation qui me laisse à voir et à sentir, les bénéfices potentiels, tout d'abord, pour ma propre vie.


Au fil du temps, en m'appropriant l'outil que représente ces CF, le champ des possibles en terme d’accompagnement auprès de vous, patients, me semble très grand. En effet, après avoir évoqué la problématique individuelle, il est alors possible de replacer cette difficulté au regard d'une dimension plus vaste. Un individu dans une lignée.


Comme si d'un regard micro, nous passions en mode macro. De quoi prendre la distance nécessaire pour remettre notre propre histoire en lien avec notre histoire familiale, s'intégrant elle-même dans la grande Histoire...


Je vous parlerais, lors du prochain post, de l'utilisation des CF, dans le cadre des relations sentimentales.


A très vite...



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