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SOUS NOS 1000 PEAUX: CE QUE RÉVÈLE UN CERCLE DE FEMMES...

Photo du rédacteur: Emilie Perrollaz
Emilie Perrollaz
22 août
4 min de lecture

Ma patientèle est très majoritairement féminine.

Je ne l’ai pas choisi — car je n’ai rien, mais alors RIEN, contre les hommes, bien au contraire…Que ferais-je sans mon compagnon ?


Et pourtant, depuis des années, j’écoute surtout des femmes. Des femmes de tous âges, avec des histoires, des milieux et des parcours très différents.

Et certains fils se tissent, reviennent, se répètent…


Beaucoup ont traversé, à un moment de leur histoire, des violences psychologiques, physiques ou sexuelles.

D’autres ont appris à se taire. À s’adapter. À prendre soin. À tenir.À faire passer les besoins des autres avant les leurs.À douter parfois de ce qu’elles ressentaient, ou même de la légitimité de leurs propres besoins.


Car aujourd’hui encore, la parole des femmes n’est pas toujours accueillie, entendue ou validée.


C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai eu envie de créer un cercle de femmes.

Non pas un groupe thérapeutique autour des violences ou des traumatismes.

Mais un espace où la parole puisse circuler autrement.

Où l’on puisse être écoutée sans être immédiatement conseillée, corrigée ou invitée à relativiser.

Un espace aussi pour faire l’expérience de la rencontre.


Parce qu’il se passe quelque chose de particulier lorsque des femmes s’assoient ensemble, prennent le temps de s’écouter et découvrent parfois, dans les mots d’une autre, un petit morceau de leur propre histoire.


"Ce que je croyais n’appartenir qu’à moi résonne aussi chez une autre."


Et, soudain, on se sent peut-être un peu moins seule.

C’est aussi cela que j’avais envie d’explorer : la sororité.


À L'HEURE DE L'IA, AVONS-NOUS ENCORE BESOIN DES AUTRES ?


Nous n’avons probablement jamais eu autant de possibilités d’obtenir rapidement une information, une réponse, un conseil. Nous pouvons travailler, acheter, apprendre, nous divertir et parfois même nous confier sans rencontrer personne.


Et pourtant, nous restons des êtres profondément sociaux.


Aucune technologie ne remplace complètement l’expérience d’être assise auprès d’autres personnes, d’entendre une voix hésiter, de croiser un regard, de rire ensemble ou de découvrir dans les mots d’une autre quelque chose que l’on croyait être seule à ressentir.


Dans une société où l’individualisme et l’isolement gagnent du terrain, je crois profondément à la nécessité de recréer des espaces de rencontre.

Notamment, entre femmes.


Non pas parce que toutes les femmes se ressemblent ou vivent les mêmes choses.

Mais parce que certaines expériences se répondent.


EN JUIN DERNIER, UN PREMIER CERCLE...


J’avais imaginé une soirée autour d’une question aussi simple qu’immense :

Qu’est-ce qu’être une femme, aujourd’hui ?


Nous avons commencé par le corps : revenir aux sensations, respirer, ralentir, sentir ce qui était là.

Il y a eu des images, un temps de création, des mots partagés.


Et puis un conte : celui de la Femme aux Mille Peaux.

Une femme qui, au fil de son existence, avait revêtu bien des peaux : la femme forte, celle qui prend soin, la mère, l’amante, la professionnelle, la femme courageuse, la femme blessée…

Jusqu’à ne plus très bien savoir qui elle était sous toutes ces couches.


Et derrière ce conte, une question :

Qui suis-je derrière tous les rôles que j’ai appris à tenir ?


COMME UNE ENVIE D'ALLER PLUS LOIN...


Après cette soirée, j’ai recueilli les impressions et les souhaits des participantes.

Je n’en partagerai évidemment pas ici le contenu : ce qui se dit dans le cercle appartient au cercle.


Mais leurs retours m’ont confirmé ce que j’avais pressenti.

L’importance du corps, d’abord.

Prendre quelques minutes pour quitter le rythme de la journée, revenir à ses sensations et retrouver un peu de présence à soi.


Le conte et le symbolique, ensuite.

Parce qu’une histoire peut parfois atteindre un endroit que nos raisonnements contournent soigneusement. Elle ouvre une porte et laisse chacune libre d’y entrer… ou de rester tranquillement sur le seuil.


La créativité aussi, lorsqu’elle permet d’exprimer autrement ce qui n’a pas forcément encore de mots.


Mais surtout, la parole partagée entre femmes.

Déposer quelque chose de son expérience.

Écouter celle d’une autre.

Se reconnaître parfois dans un mot, une émotion, une étape de vie.

Et découvrir que ce que l’on pensait profondément solitaire appartient aussi, parfois, à une expérience partagée.


N'est-ce pas là que commence vraiment la sororité?

Pas dans le fait d’être toutes semblables.

Mais dans la possibilité de se sentir reliées sans avoir à être identiques.


DES SEPTEMBRE 26, LES CERCLES REPRENNENT...


Je souhaite conserver ce qui constitue la couleur de ces rencontres : le corps, la parole, le symbolique, les contes, parfois la créativité, et un temps d’intégration ou de relaxation.


Mais je laisserai davantage de place encore aux échanges.

Nous explorerons les rôles que nous portons, l’ancrage, le lâcher-prise, les passages de vie, notre histoire et ce qu’elle continue parfois à faire vivre dans le présent.


Avec, en filigrane, quelques grandes questions :

-Qui suis-je devenue ?

-Qu’est-ce qui m’appartient encore et qu’est-ce que je peux laisser ?

-De quoi ai-je besoin aujourd’hui ?

-Et qu’est-ce qui demande désormais à prendre davantage de place dans ma vie ?


Je ne souhaite pas faire de ces cercles des cours.

Encore moins ajouter une nouvelle injonction à « travailler sur soi ». Nous avons probablement déjà suffisamment de choses à réussir, comprendre, améliorer et cocher sur nos listes.


J’aimerais plutôt créer des espaces où, pendant un moment, il n’y ait justement rien à réussir.

Ralentir.

Revenir au corps.

Parler ou se taire.

Écouter.

Se laisser toucher par une histoire ou par les mots d’une autre.

Et repartir, peut-être, un peu plus proche de soi — et un peu moins seule.


Car malgré nos écrans, nos vies bien remplies et toutes les intelligences artificielles du monde, nous avons encore besoin de nous asseoir ensemble.


Et je crois que nous en aurons besoin longtemps.


Dates, tarif et informations pratiques ci-dessus:



 
 
 

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