"LA VIE EST UN BON PROFESSEUR. ENCORE FAUT-IL SAVOIR L’ÉCOUTER"... Hervé Desbois


S-CHARL – SCUOL (J3)

13 km – 56 m de dénivelé positif – 622 de dénivelé positif, selon les indications de Swiss Mobile (bon, je me suis égarée, donc à vrai dire, je ne sais pas combien j’ai au compteur aujourd’hui… en tout cas entre 1h et 1h30 de marche en plus !)


Le 07.06.2021


Réveil aux alentours de 7h, moi qui ai d’habitude, tant de peine à me sortir du lit.


Que dit la météo ?

Les annonces d’hier prévoyaient à nouveau de la pluie ! Ainsi, je souhaitais lever le camp dès la première heure… le temps du matin étant généralement plus clément.


Je tends l’oreille. Surgit le rugissement de la rivière, qui passe sous ma fenêtre. Mais je n’entends pas la pluie. Je ne la verrais par ailleurs pas de la journée !

Tout bien réfléchi, les prévisions ne sont que des prévisions.

Mieux vaut se fier aux gens de la vallée qui regardent la montagne…

Je quitte donc le Val S-Charl pour emprunter la route d’accès épargnée jusqu’alors par l’asphalte.

Ce village retiré n’est desservi en hiver que par des calèches tirées par des chevaux.

Parfois, je marche donc sur la route, peu fréquentée par ailleurs. Parfois, j’emprunte un sentier en surplomb, qui me laisse à voir la puissance de l’eau lors de la fonte des neige. Le sentier des gorges de la Clemgia a par ailleurs été détruit par les tempêtes de l’été 2017.


LORSQUE PRENDRE UN RACCOURCI NOUS MÈNE A UN DÉTOUR…


S-Charl – Scuol est sensée être l’une de mes plus courtes étapes…

Tout juste 4h de descente !

Par moment, il m’arrive de m’égarer dans les forêts de mélèzes. De faire demi-tour et revenir sur mes pas, jusqu’à ce que je retrouve les triples bandes blanches et rouges.


Il me faut parfois essayer de distinguer le sentier, des ornières créées par les rivières éphémères.

De plus, le chemin n’a pas été complètement réaménagé depuis la fin de l’hiver. De nombreux conifères entravent le passage et il faut alors s’agenouiller (ce qui n’est pas une mince affaire avec un bagage si bedonnant). Ou escalader le tronc…

Je m’y risque une fois, deux fois… Par la suite, j’essaie tout bonnement de contourner si cela est possible.


La vie est un jeu et le quotidien une magnifique grille de lecture de notre destinée… car tout est symbole. C’est dans l’ordinaire que se révèle l’extraordinaire. Et c’est dans les événements les plus insignifiants que l’on tire les plus grandes leçons.


Leçon n°1 : « Les obstacles de la vie ont l’importance que tu leur donnes. Apprends à les contourner », Lume, accueillante scolaire.


Je rejoins enfin la route jusqu’à une bifurcation…

-Soit je suis la Via San Giachen sur route (la 43, à savoir le chemin de Saint Jacques), pour 1 h45.

-Soit je sors du chemin pour prendre la Via Alpina à travers la forêt. Durée 1h30.


J’hésite un instant…

Gauche / Droite, Oui / Non, Maintenant / Plus tard ?

La vie est un choix de tous les instants.


Je choisis finalement le raccourci… car c’est plus court et plus arboré.

Je descends jusqu’à flan de cours d’eau. Et je tombe sur le fameux tronçon fermé.

Deux nouvelles options :

-Faire demi-tour (mais vu la descente que je viens de me farcir, je ne suis pas des plus enthousiastes…).

-Ou poursuivre sur ma lancée en passant de l’autre côté de la rive.

Et c’est ce que décide tout compte fait.

Mais je dois donc remonter, malgré tout.

Je tombe sur une femme enceinte encadrée de deux terriers. Quelle chance ! Je vais enfin pouvoir demander mon chemin. « Oui, ce sentier mène bien à Scuol mais il faudra passer par Avrona et Vulpera ». Qu’il en soit ainsi! Je paierais pour mon empressement et mon excès de zèle.


Leçon n°2 : « Prendre un raccourci peut nous mener à un détour », Philippe Chavanis, secouriste (alors lui au moins, il sait de quoi il parle)

Je découvre cependant Avrona, station climatique retirée, difficilement accessible en voiture… Un magnifique lieu de villégiature dans un écrin de verdure. Je l’enfouis dans un coin de ma mémoire, pour peut-être y revenir plus tard.


Leçon n° 3 : « Tout vient à point à qui sait attendre, mais rien n’arrive à qui attend trop », Sanjy Andriamiseza, étudiant.


J’arrive finalement à Scuol, avec 1h de plus au compteur.

Premier stop à Batta Porta pour dévorer des Capsuns (spécialité locale proche des Spätzlis) que j’absorbe chaque midi pour combler mon abime stomacal.

Second à la pharmacie pour refaire le plein de Compeeds et acheter du collyre de manière à calmer l’incendie qui me brûle la cornée.

Je parviens même à bredouiller quelques mots en allemand (réminiscence, mais vraiment très lente, de mes 5 ans d’allemand alors que j’étais en pleine puberté…).


Puis je prend le bus pour Sent (hors parcours, donc pas de la triche ! Non, pas du tout, je ne me sens pas obligée de me justifier !), pour rejoindre ma «Small Perle », un air b’n’b, réservé quelques jours plus tôt…

Mes hôtes sont charmants (et causants), moi qui n’est échangé qu’une 100aine de mots en 4 jours (oui, c’est vrai, j’exagère, allez 1000 !). Ils me parlent de leur jeunesse dans les 70’s, leur goût pour les expériences psychédéliques, de l’étroitesse d’esprit des indigènes (ils ne sont pas du coin), de leur passion pour leurs chats Max et Moritz, du Romanche, quatrième langue nationale suisse…

Bref, une fois de plus, de la VOVA (vie en romanche) !


Leçon n°4 : « La vie est le seul raccourci d'un néant à l'autre », Jacques Sternberg, animateur.


Leçon n° 5 : Tout le monde peut être citer sur la page de « Citations célèbres / Le Parisien.fr »… que tu sois étudiant, ramoneur ou plâtrier ! Alors je te mets au défi de sortir LA Citation qui te fera entrer dans le Star System de la Citation !!!



A demain...

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